Changer de vie grâce à l’écriture

par | feel good paper théorie

Quand j’étais adolescente, et sûrement comme beaucoup d’entre vous, j’ai tenu un journal intime. Mais j’ignorais encore, qu’un jour, écrire m’aiderait à changer de vie !

 

Je ne sais pas exactement pourquoi j’ai commencé… C’est-à-dire qu’à l’époque, évidemment, je n’avais pas de conscience réelle des bienfaits de ce genre de pratique.

 

En les relisant aujourd’hui, je me rends compte que mes écrits de l’époque sont bruts, sans filtre, qu’instinctivement j’y déversais le trop plein de pensées, d’émotions, de colère, de joie, de peine, d’exaltation propres à cette période de la vie… mes questionnements existentiels aussi (en fin ceux de l’époque !)

 

Et puis le temps à passer et sans doute apaisée, j’ai cessé d’écrire, en tout cas régulièrement et dans un journal, pour moi. Je ne sais donc plus pourquoi j’ai commencé, pourquoi j’ai arrêté.

 

En revanche, la plume ne m’a jamais quitté car j’avais choisi un métier dans lequel la production écrite représentait une partie significative de mon activité, mais sur commande et dans un contexte professionnel uniquement.

 

Il y a cinq ans, mi 2015, un événement imprévu, un problème de santé, m’a conduit à chercher des solutions pour comprendre. Comprendre pourquoi je vivais cela, pourquoi cela me procurait un état d’abattement psychologique assez important, alors que ma vie n’était pas en danger et que somme toute, une fois cette mauvaise passe derrière moi, je pourrai reprendre le cours « normal » de ma vie.

 

La fonceuse, l’optimiste née, que je suis n’arrivait plus à faire face à la situation. Surtout, je n’osais pas exprimer cette vulnérabilité inhabituelle, même à mon entourage le plus proche, pourtant très à l’écoute et soutenant.

 

Le papier a été ma planche de salut. Par la lecture tout d’abord.

 

J’ai commencé par me plonger dans des « self help books » comme disent les américains. Des ouvrages simples (mais pas simplistes), qui apporte une grille de lecture et surtout qui incitent à la mise en mouvement.  Aujourd’hui, quand je jette un oeil sur les premiers ouvrages lus à cette époque, je me rends compte que le signal était clair : 3 kifs par jour, Opération bonheur, L’art d’aller à l’essentiel, Libérez votre créativité… visiblement j’étais en quête de quelque chose 😉

 

Très rapidement ces lectures m’ont poussé à renouer avec l’écriture. D’abord, parce que je prenais des notes de ce qui me « parlait », m’inspirait, me questionnait, me faisait réagir.  Puis, beaucoup des auteurs incitaient à l’action par l’écrit.

 

Dès lors, j’ai commencé à utiliser les innombrables carnets que j’avais acheté compulsivement au fil des ans, mais qui étaient restés vierges jusque là. Ils attendaient, sagement, que j’en fasse quelque chose. Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous : que cette célèbre phrase de Paul Eluard raisonne en moi aujourd’hui…

 

J’ai donc commencé par tenir un journal de kifs, pour repérer au quotidien les émotions positives, les petites choses qui me procuraient du bonheur, sans que j’en ai vraiment conscience. C’était facile, sans trop d’enjeu et de remise en question.

 

Puis, consciente que je devais attaquer « dans le dur » pour progresser, j’ai entamé une introspection personnelle. J’ai exploré mon côté obscur. Dans tous les aspects de ma vie (familiale, amicale, professionnelle, santé, argent…) quels étaient mes peurs, mes freins, mes pensées limitantes. Je me suis aussi plongée dans ce qui me fait vibrer, m’enthousiasme, me procure de la satisfaction. J’ai aussi réfléchis à ma vision de vie : quels étaient les choses les plus importantes, qu’est ce qui me donne de l’énergie, un sentiment d’accomplissement, quel est mon objectif, mon but, qu’est ce que je veux accomplir pour qui, pour quoi… En définitive, qu’est-ce qui donne du sens à ma vie ?

 

Après des pages et des pages noircies, j’ai compris que j’avais appuyé l’échelle de ma vie sur le mauvais mur. Je ne regrette absolument pas ce que j’ai fait avant, notamment d’un point de vue professionnel : j’ai fait des choix en conscience et je me suis toujours épanouie. C’est juste qu’en réalité j’avais mis en sourdine ma petite voix intérieure. L’écriture intime lui a donné un écho tellement puissant que je ne pouvais pas faire semblant de ne pas entendre !

 

Evidemment, vous imaginez le big bang intérieur.  Tout ce qui fondait mon quotidien était remis en question.

 

L’écriture avait pris une grande place dans ma vie : à la fois par toutes les réflexions qu’elle accompagnait, générait, mûrissait, mais aussi en parallèle par des pratiques plus quotidiennes.

 

En plus des kifs, j’ai pris l’habitude de m’adonner aux fameuses pages du matin, préconisée par Julia Cameron.

L’idée est d’écrire, sans contrainte de temps au moins trois pages au réveil, avant de faire quoi que se soit d’autre.

Pourquoi le matin ? Pour me désencombrer l’esprit et attaquer ma journée plus sereinement, et parce qu’à ce moment là, je ne suis encore connectée… qu’à moi-même. Donc, pas de smartphone avant !

Directement depuis mon lit, j’écris tout ce qui me vient à l’esprit, même si cela n’a pas de sens, ou si cela saute du coq à l’âne. J’essaie d’écrire sans m’interrompre, sans réfléchir, je laisse ma main être le prolongement de mon cerveau. Je ne laisse pas le raisonnement s’installer.

C’est un moment pour décharger le mental, pas pour réfléchir.

 

Au fil des mois, nous étions alors fin 2015, le constat était là : écrire m’avait aidé à trouver des ressources, à avancer, à retrouver de l’énergie.  j’étais en train de changer de vie…

 

Curieuse de nature, j’ai alors cherché à « disséquer » et à comprendre ce qui se jouait. J’ai commencé à chercher des articles scientifiques sur le sujet. En France, la question fut vite traitée : il n’y a quasi aucun travail de recherche sur le sujet.

En revanche, outre Atlantique, les chercheurs se passionnent pour ce sujet depuis de nombreuses années. Les travaux de James W. Pennebaker de l’université d’Austin, de Matthew Lieberman de UCLA, de Gail Matthews de la Domincian University of California, de Sonja Lyubomirsky de l’Université de Californie à Riverside et bien d’autres encore, démontrent tous, sous des angles différents (psychologie, neurosciences…) que oui l’écriture à des bienfaits reconnus sur la vie des gens.

 

Des évidents, comme une augmentation des capacités de pleine conscience, de mémoire et de communication. Mais d’autres aussi plus surprenants au premier abord : amélioration du sommeil, renforcement du sytème immunitaire, meilleure confiance en soi, bien-être…

 

Je peux témoigner de tout cela : je le vis. Saisir un jour un crayon et un cahier a changé le cours de mon existence.

 

Ce à quoi j’aspirais profondément est devenue clair : cette expérience que j’étais en train de vivre avec l’écriture m’avait donné l’audace d’être vraiment moi. Et cela j’avais très envie de le partager. D’inspirer l’envie à d’autres femmes de se saisir de cette possibilité pour se (re)trouver. Le chemin que je me trace pour le faire a d’abord été de partager certains écrits publiquement, au tout début de cette gazette en ligne. Puis de livrer mes expériences sur l’écriture pour aider certaines à se lancer. Et enfin d’entreprendre dans une activité tout à fait liée : la papeterie.

 

Et vous, écrivez-vous ? Si oui, quoi ? À quelle fréquence ? Qu’est-ce que cela vous apporte ? Est-ce que cela vous a aidé vous aussi à changer de vie ?

Si non, vous pouvez décider de laisser entrer l’écriture dans votre vie. Vous avez peut-être des freins, des doutes, vous pouvez alors poursuivre votre lecture avec cet article

Et dites-moi, si vous en avez envie, qu’est-ce qui pourrait vous aider  à vos lancer ? Des exemples ? Un mode d’emploi ? Un groupe d’entraide ?

Au plaisir de vous lire !