Comment écrire un carnet de voyage ?

Ecrire un carnet de voyage… Je ne sais pas si vous aimez voyager, moi j’adore !

À 50 ou à 5000 km de chez moi, j’éprouve le même plaisir intense de la découverte. Malheureusement, comme beaucoup, je ne pars pas assez à mon goût. Je dois composer avec les contraintes de budget, de boulot et par le fait que je partage ma vie avec quelqu’un de bien plus casanier que moi !

Outre le voyage en lui-même, il y a deux choses que j’apprécie particulièrement : la préparation du voyage, avec laquelle je m’évade déjà par procuration, et me replonger dans mes périples grâce aux souvenirs. Ces derniers étaient bien souvent constitués de photos, que j’évite de prendre uniquement avec mon smartphone, car sinon, c’est parmi les 4000 qui sont stockées dedans que je dois allez farfouiller ! J’ai donc commencé par faire des livres photos. Et puis, un jour, j’ai écrit mon premier carnet de voyage.

 

Pourquoi écrire un carnet de voyage ?

Bonne question me direz-vous. L’important est de le vivre ce voyage, non ?

 

Écrire pour vivre et revivre des émotions

Quand on part pour une destination qui n’est pas celle de notre quotidien, on a généralement la curiosité aux aguets et les chakras bien ouverts si j’ose dire.

Ce que j’entends par là, c’est qu’il me semble que tous nos sens sont bien plus aiguisés, que nous avons une conscience bien plus forte de ce qui nous entoure : paysage, lumière, odeur, accent, atmosphère… En un jour, nous captons, consciemment et inconsciemment, des centaines d’informations. Elles sont soit chassées par celles du lendemain, soit intégrées au bout de quelques jours, et nous n’y faisons déjà plus attention.

Prendre le temps de nourrir au jour le jour son carnet de voyage, c’est une occasion de graver ses émotions pour longtemps, de ne pas laisser s’envoler un souvenir fugace, de donner vie à un petit détail, qui fait le sel d’une journée de vacances. Vous pouvez aussi y laisser une trace de l’humeur du jour, de celle de vos compagnons. À l’occasion d’un voyage que j’ai fait à New-York en tête-à-tête  avec l’un de mes fils, j’ai consigné certaines des petites phrases ou décrit les expressions ébahies de son visage au moment où il découvrait telle ou telle facette de la ville. De fait, j’ai encore en tête son air de ravi de la crèche quand un pompier lui a prêté son casque et s’est plié de bon coeur à une séance photo dans un camion hors-norme.

Je vous promets qu’il est plaisant de se replonger dans ses écrits, car reviennent alors en mémoire, par le simple pouvoir de l’évocation, des tonnes de sensations : vous y êtes à nouveau, au coeur de ce séjour, road trip, randonnée que vous avez adoré il y a 1 mois, 1, 5, ou 10 ans.

Bien sûr, c’est aussi parfait pour garder tout simplement la trace d’un itinéraire, d’un lieu visité, d’un restaurant, d’une rencontre !

Écrire pour s’occuper

Ecrire un carnet de voyage, c’est une façon de vous accorder un peu de détox digitale. D’une part car vous ne serez pas toujours dans des zones couvertes par la 4G ou le wifi. Mais surtout parce que je vous invite, lorsque vous attendez un train, un avion, un bateau ou même un tuk-tuk, à dégainer votre cahier au lieu de votre mobile. Ça marche aussi quand vous êtes à bord… Profitez-en pour redécouvrir ce que vous faisiez avant d’avoir un écran toujours à portée de main pour vous occuper. Vous n’avez jamais connu ce temps là ? Vous devez être très jeune ! Pas grave, il y a un début à tout : essayez 😉

 

Écrire pour laisser libre cours à sa créativité

Je vous entends déjà : créativité ? Très peu pour moi, je ne suis pas créative.

Vous le savez si vous avez parcouru d’autres articles de la Gazette : l’auto-bienveillance est le maître-mot pour vous lancer dans quelques activités d’écriture que ce soit. Oui, on peut écrire des poèmes de son cru dans un carnet de voyage, tel un Chateaubriand sur la Bretagne, ou des descriptions de paysage de Provence à la Pagnol ou Giono… ou pas. J’ai coutume de vous dire que seul compte votre envie et votre plaisir. Si vous n’avez jamais écrit lors d’un voyage, le faire la première fois sera en soi une expérience créative. Prendre le temps de vous poser ne serait-ce que 10 minutes par jour pour raconter ce qui vous a enchanté, décrire simplement votre ressenti, sera source de créativité. De toutes façons, cela ne coute rien de tenter l’expérience ; laissez-vous embarquer par ce qui vous fait vibrer. Ça aussi, c’est un autre commandement de feel good paper théorie !

 

Écrire pour partager

Admettons que vous ayez dépassé vos pensées limitantes et tenu avec régularité votre carnet de voyage. Imaginez le plaisir que vous aurez à le laisser découvrir à vos proches et amis. Evidemment, si votre belle-mère, ou votre cousin un peu lourd, était du voyage et que vous avez déversé dans toutes les pages toutes leurs petites manies qui vous irritent, soyez prudente… j’en connais qui font cela, s’ils passent par ici, ils se reconnaitront !

Ces circonstance particulières mises à part, vous risquez d’être fière de pouvoir montrer ou plonger dans votre cahier pour donner la bonne adresse, le spot sunset de fou, le bed and breakfast qui est « trop un bon plan », le meilleur loueur de scooter de la ville, la jolie petite crique déserte…

 

Vous êtes convaincus ? Alors, passons au comment !

 

Comment écrire un carnet de voyage ?

 

Quand commencer son carnet de voyage ?

Comme je vous le disais plus haut, dans une perspective de voyage, j’aime déjà toute la phase de préparation. Je prends donc le parti de commencer mon carnet bien avant le départ. J’y consigne mes notes, mes idées, mes envies, mes ébauches d’itinéraires, les bonnes adresses glanées ici et là.

C’est sûr, je ne me mets pas la pression sur la beauté finale de l’objet : je ne dessine pas, je ne peins pas donc je n’aspire pas à en faire une oeuvre d’art : surtout ne vous mettez pas la pression sur le sujet. En faisant quelques recherches sur le net ou sur Pinterest, vous vous apercevrez que pour certains, le carnet est un exercice artistique et très visuel. Moi,  je ne manie que les mots. En revanche, je choisis le support avec soin : je privilégie un petit format A5, type cahier d’écolier sans trop de pages, facile à glisser partout et pas trop lourd. Vous pouvez aussi choisir par exemple un carnet de poche de format A6.

Je vous avoue qu’évidemment depuis que j’ai créé Les Jolis Cahiers, je ne me prive pas de d’un joli cahier personnalisé avec une couverture que m’inspire la destination. Vous trouverez sur notre site plusieurs modèles pour vous aider et plein de petits éléments graphiques pour en faire une création unique.

Pour exemple, je pars bien bientôt pour un grand week-end à Séville. Je me suis concoctée un cahier à la fraicheur printanière ci-dessous : rien à voir avec la destination, mais c’est ce dont j’ai envie en ce moment !

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Vous préfèrerez peut-être entamer votre carnet seulement une fois en route : c’est aussi très sympa que les premières lignes accompagnent vos premiers kilomètres 😉

Quant à l’après, j’avoue que j’ai un peu de mal à me replonger dans l’écriture et les sensations quand je suis rentrée : de mon côté le point final est plutôt mis quand je suis presque de retour. Mais ne vous privez pas de compléter votre carnet à votre retour, notamment avec des choses que vous aurez collectées sur place, on en parle juste en dessous !

 

Que faire dans un carnet de voyage ?

Ecrire bien sûr, on l’a évoqué plus haut. Raconter une journée, un plat que vous avez gouté, une anecdote ou une galère qui vous est arrivée. Décrire est aussi très chouette : un paysage, un monument, une scène, une personne… : immersion garantie à la relecture, quelques mois plus tard. Pensez aussi à la météo du jour, à l’adresse votre hébergement, celle de la jolie boutique de bijoux. Si vous en avez l’envie, ne vous privez pas de croquer, dessiner, peindre : quand on a le don d’illustrer son carnet de voyage, c’est magnifique.

Dans le cas contraire vous pouvez laisser de la place pour coller des photos à postériori.

Mais surtout, vous pouvez collecter du papier – emballages, étiquettes, prospectus, cartes de visites, timbres, billets et tickets, plan… – que vous pourrez coller tel quel ou en découpant par exemple. Pensez aussi au végétal : des feuilles, des fleurs à faire sécher, des pétales, de l’écorce, des algues… Vous pouvez aussi ramasser une jolie plume, une poignée de sable, un morceau de ficelle ou de bois flotté… bref, tout ce qui pourra vous permettre de d’orner et d’agrémenter votre carnet.

 

Quel matériel pour écrire un carnet de voyage ?

Pas de règle, c’est comme vous voulez ! Cela dépend aussi de votre ambition sur le sujet et des conditions de votre voyage : en randonnée, sac à dos, c’est sûr que vous n’allez pas transporter trop de matériel. De mon côté, j’aime bien avoir un stylo bille, un crayon de papier, une gomme, quelques feutres, un bâton de colle et du masking tape. Le tout tient dans une petite trousse. Je prévois aussi deux contenants pour collecter : un sac en papier, qui emballe d’ordinaire les fruits et légumes, qui fait très bien l’affaire pour le végétal qui n’aime pas être enfermé dans du plastique ; une petite pochette cartonnée pour tout ce qui est papier.

J’ai déjà croisé des voyageurs équipés d’une petite boite d’aquarelle ou seulement d’un crayon de papier : tout est possible, faites selon vos envies et inspirations.

 

Qui écrit dans le carnet dans le voyage ?

Si vous partez seul.e, la question ne se pose pas. Mais si vous êtes en famille par exemple, le carnet peut devenir un vrai moment de partage et d’échange au coeur même du voyage : vous pouvez demander à vos enfants de raconter, créer un collage, dessiner, ils sont beaucoup moins inhibés que nous sur le sujet. La collecte en famille peut aussi les amuser : inciter-les à repérer des petits choses à ramasser ou conserver, telle une quête de petits trésors de la vie ordinaire. C’est une bonne occasion pour leur sortir la tête des écrans à eux aussi !

 

Et vous ce carnet de voyage : déjà adepte ? L’envie de vous y mettre ? Dites-moi, cela m’intéresse !